Module I. Notre histoire partagee: La presence du Maghreb en Europe et la presence Europeenne au Maghreb

2.1. Définition et éclaircissement des notions 

Etranger qui es – tu ?

Telle est la première question qui interpelle  au début de cette série de conférence. La réponse à cette interrogation n’est pas aisée, tant la notion est complexe, hétérogène et variable. Sans prétendre vaincre toutes les difficultés afférentes à la notion, on pourrait toute fois chercher à l’éclairer à la lumière d’indices générique.

L’étranger est, avant tout, l’autre; celui qui est extérieur au groupe et différent de ses membres (D.Lochack, Etrangers : de quel droit ?, PUF, 1955, spc.p13). Il se définit par son non appartenance au groupement de référence, c'est-à-dire au groupement de référence, c'est-à-dire au groupement par rapport auquel on se place.

L’altérité est d’abord synonyme de défiance. On se méfie de l’autre parce qu’il est différent;  on se méfie de lui parce qu’il menace l’unité et l’homogénéité du groupement social.

Ce premier binôme altérité /défiance est doublé d’un autre binôme altérité /besoin.
En effet l’altérité est aussi synonyme de besoin .

En même temps que l’on se méfie de l’autre, sa figure demeure nécessaire pour le groupe
On a besoin de l’autre, fut ce pour s’opposer à lui, come témoin, par sa différence, de ce qui unit le groupe. La façon de définir l’autre est aussi une façon de se définir soi-même, de cerner sa propre identité.

Il nous parait utile de tenter une typologie, même sommaire, des divers termes qui semblent avoir le plus souvent désigné les membres de ces communautés, religieuses, ethniques ou linguistiques tels que: dhimmi, protégés, étrangers, francs, roumi, nasrani.

En terre d’Islam , Chrétiens et Juifs (les gens du livre) bénéficiaient du Pacte de la Dhimma qui les autorisait à séjourner en terre d’Islam , à exercer librement leur culte et à être assujettis, en matière de statut personnel, à leurs propres juridictions qui leurs appliquaient leur propre loi: le tout moyennant le  paiement d’un impôt personnel: la Jizzia, et d’impôt foncier: le kharaj.

 

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