Module I. Notre histoire partagee: La presence du Maghreb en Europe et la presence Europeenne au Maghreb

2.2.1.2. Architecture italienne à Tunis (les Théâtres)

La toute première structure destinée à accueillir un public est le théâtre Tapia, créé en 1826 par la famille homonyme.

Jusqu'à l'avènement du protectorat en 1881, la vie culturelle des Européens de Tunis est animée surtout par les Italiens qui forment la communauté la plus nombreuse.

Une recherche approfondie concernant les spectacles et les lieux où ils se déroulaient n'a pas encore été entreprise. La liste tout à fait incomplète qui suit veut simplement mettre en évidence la vivacité de la vie culturelle à Tunis au moment où la communauté italienne était la plus nombreuse. Parmi les structures dont on se souvient encore, on peut compter :

Le Théâtre rue Sidi El Benna, disparu vers 1940, destiné surtout aux pièces en sicilien et au théâtre de marionnettes  'Opéra dei Pupi' ;
Le Grand Teatro de rue Al Jazira, créé en 1876 et disparu vers 1899, destiné à la musique symphonique 
Le Teatro Paradiso situé 3, avenue de France, créé en 1885 et destiné à l'opéra, à la musique symphonique, aux concerts ainsi qu'aux pièces de théâtre ;
Le Théâtre Rossini, orgueil de la communauté. Inauguré en 1903, occupant une position centrale (dans l'actuelle avenue H. Bourguiba), il était à même d'offrir des spectacles de qualité. Appartenant à des particuliers, il ne pouvait pourtant rivaliser avec le Théâtre Municipal qui était totalement géré par la ville. A la fin des années Vingt, les propriétaires Trionfo et Palomba furent obligés de le fermer puisque sa gestion était devenue de plus en plus onéreuse.

Image A 
Le theatre Rossini
Sources: Daniele Passalacqua


Image B
le theatre Rossini, interieur
Sources: Daniele Passalacqua

 

Dans le laps de temps qui va de la moitié du XIXe siècle à la moitié du XXe, des architectes et des maçons italiens ont contribué à modifier Tunis et les principales villes du pays. En effet, tandis que les travaux officiels et plus prestigieux sont attribués aux architectes français (mais souvent exécutés par des entreprises italiennes), la majorité des constructions privées, à partir des quartiers populaires de Tunis, comme la Petite Sicile, jusqu'aux beaux quartiers comme Montplaisir ou Belvédère, est exécutée par des architectes et des maçons italiens.

Image C
La promenade de la Marine qui deviendra l'actuelle avenue H. Bourguiba, dessin d’A. de Bar d'après une aquarelle d'A. Crapelet (1859)

 

Image D 
Avenue H. Bourgiba, appelée av. Jules Ferry à l'époque coloniale (1920) - Carte postale


Dans l'ardeur qui investit le secteur des constructions à la fin de la I guerre mondiale, l'Art Déco s'impose à Tunis comme dans les principales villes du pays. Il s'agit d'un Déco « spontané » par sa capacité d'assimiler de façon créatrice les valeurs locales et, par conséquent, de devenir un langage vivant de la ville, original et naturel en même temps.' (L. Quattrocchi, Architetture italiane di Tunisia, Tunis, Finzi, 2002, p. 30), un Déco « qui vit à Tunis une saison extraordinaire grâce à l'apport des Italiens ».


Dans le laps de temps qui va de la moitié du XIXe siècle à la moitié du XXe, des architectes et des maçons italiens ont contribué à modifier Tunis et les principales villes du pays. En effet, tandis que les travaux officiels et plus prestigieux sont attribués aux architectes français (mais souvent exécutés par des entreprises italiennes), la majorité des constructions privées, à partir des quartiers populaires de Tunis, comme la Petite Sicile, jusqu'aux beaux quartiers comme Montplaisir ou Belvédère, est exécutée par des architectes et des maçons italiens.

 

 

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