Module III.Arsenaux méditerranéens et commerce entre XVIe et XVIIe siècles : le cas de Venise

2.4.1. Le mythe de Venise et la contribution de l’Arsenal

C’est au même moment que commença à se développer le mythe de la grandeur de Venise, - mythe soutenu par la classe politique de la Sérénissime en tant qu’instrument de domination et d’autocélébration - et l’Arsenal représenta l’un des éléments de ce mythe, destiné à perdurer au cours des siècles, malgré les vicissitudes historiques qui affligèrent par la suite la République.
C’est dans un tel cadre que s’insère la construction en 1460 de la Porta di terra de l’Arsenal, considérée comme le premier exemple de l’art de la Renaissance de la ville. Les choix architecturaux et décoratifs, fruit d’une décision politique fortement influencée par les milieux humanistes de la république, avaient pour objectif de rappeler les liens avec la Rome antique et – depuis la chute de Constantinople et la fin de la « latinité » orientale – proposer Venise en image d’héritière de Rome. Il s’agissait d’une démarche visant à souligner la signification revêtue par l’Arsenal dans sa double fonction de promoteur de la grandeur de Venise et de témoin de l’objectif atteint. En effet, la documentation officielle de l’époque révèle que les élites politiques et culturelles de la ville n’hésitaient pas à définir l’Arsenal comme le « fondement de notre état » (cité in E. Concina, L’Arsenale della repubblica di Venezia, 1988, p.70)

Bibliographie d’approfondissement:

Ressources sur Internet

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