Module III.Arsenaux méditerranéens et commerce entre XVIe et XVIIe siècles : le cas de Venise

2.6. Le dernier sursaut (vers 1640 - XVIIIe siècle)

La dernière phase de reprise de l’Arsenal d’ancien régime remonte environ au milieu du XVIIe siècle, quand il essaya de s’adapter à la nouvelle marine de guerre, en modifiant aussi bien l’ensemble de ses structures que les méthodes de production.
L’abandon de la galère (complètement inadaptée à la navigation océanique) et l’introduction du vaisseau à voiles donnèrent d’assez bons résultats. Mais le problème résidait dans les établissements eux-mêmes, inadaptés aux dimensions de ces nouvelles embarcations. Celles-ci exigeaient en effet des espaces de construction trop vastes (darses ouvertes et profondes pour les nouvelles exigences du tirant d’eau) pour les dimensions d’un chantier naval né pour répondre à d’autres buts, et qui n’avait jamais été vraiment aménagé pour répondre à l’évolution des techniques de construction des navires.
En raison des difficultés de manoeuvre des grands vaisseaux à l’intérieur des darses, l’Arsenal ne pouvait pas compléter la construction des plus grands navires sur place ; la fabrication de la coque et l’armement se faisaient dans d’autres lieux et étaient confiés à d’autres entreprises, augmentant ainsi les délais d’achèvement et les coûts de gestion. Cette période toutefois – qui s’inscrit juste après la période la plus noire de la République, les années 1610-1640 – correspond à un petit sursaut de Venise : la construction pour les particuliers de vaisseaux de commerce lui permit de renouer avec sa première raison d’être.

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