Module III.Arsenaux méditerranéens et commerce entre XVIe et XVIIe siècles : le cas de Venise

4.3. Le commerce des épices avant le XVIe siècle

Le réseau commercial qui permettait aux mude vénitiennes de s’approvisionner en un produit destiné aux consommations de luxe de l’Occident, consommations à haute valeur ajoutée, témoigne de la complexité des échanges et d’une intégration entre différentes régions extrêmement perfectionnée dès le XIIIe siècle.
Les échanges reposaient sur un système de deux réseaux intégrés. Dans l’Océan indien, les marchands musulmans achetaient directement aux marchands chinois ou dans des marchés locaux du sub-continent les épices (du poivre surtout, mais aussi du gingembre, des noix de muscade, des clous de girofle, etc.), très prisées en Occident.
Depuis le Xe siècle, la route maritime pour la liaison entre l’Océan indien et la mer Méditerranée s’était graduellement déplacée du Golfe persique à la mer Rouge, et Alexandrie en Égypte devint le principal port méditerranéen à la fin de la longue traversée océanique, ceci grâce à l’intervention active de la dynastie des Fatimide qui régnait à cette époque.
Les navires des principales villes portuaires de la Méditerranée arrivaient à Alexandrie mais Venise réussit à s’assurer les meilleurs approvisionnements grâce à une organisation plus efficace et aux privilèges mercantiles octroyés par les empereurs de Constantinople. Les épices provenant d’Alexandrie et de Beyrouth – point d’arrivée de la voie de terre de l’Orient – étaient chargées à bord des galères vénitiennes, arrivaient au marché de Rialto, et de là reprenaient la route pour les plus lointaines destinations de l’Europe continentale.

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